L’œuvre de Lévinas, complexe, mérite d’être explicitée. Il faut en examiner les plis, les écarts, afin de mettre en pleine lumière ce qui s’y donne dans un clair-obscur susceptible d’alimenter les équivoques.
Visage continu propose un tel éclairage : Benny Lévy y procède à l’élucidation de l’arrière-fond d’intuitions pré-philosophiques qui, de l’aveu de Lévinas lui-même, est nécessaire au déploiement de sa philosophie.
Que la philosophie implique autre chose qu’elle-même, voilà ce qui est, semble-t-il, difficile à admettre. C’est pourtant là que réside toute la tension de la pensée lévinassienne. Ressaisir cette tension en son cœur : tel est le principe de la lecture exigeante de Benny Lévy, à laquelle il importe de revenir.
La lecture de Visage continu n’est certes pas aisée, tant la manière de Benny Lévy est nouvelle, inhabituelle. Mais le dérangement des habitudes n’est-il pas l’exigence première de la pensée, ce sans qquoi jamais elle ne naîtrait ?
Il faut donc s’efforcer de lire.