+ "« Il est interdit de mourir », nous entendons cela constamment en nous, non comme un appel d'obligation à la vie, mais comme la voix même du mourir rompant chaque fois l'interdiction (ainsi qu'il arrive trop clairement à celui qui se donnant la mort meurt interdit). Peut être punit on l'acte de tuer, de se tuer, d'autant plus décidément que l'on ne peut pas atteindre, encore moins sanctionner, l'insaisissable mouvement de mourir. Tuer, se tuer : comme un droit sur le mourir. Mais l'horreur des camps de la mort, de ces mourants par milliers, tout à coup et sans cesse déclarés, dénombrés, identifiés, rend chaque mourant comme coupable de sa mort qui ne fut jamais plus innocente et le condamne à mourir de l'abjection même de la mort, en faisant apparaître, selon une indiscrétion majeure, ce qui ne saurait se laisser voir. Où est l'évènement de la mort ? Où, l'obscurité du mourir ? Comme deux paroles jamais prononcées qui n'entreraient en résonance, ressassantes et effrayantes, qu'au moment à tout moment de l'effondrement de tout langage."
Maurice Blanchot, Le Pas au-delà, Gallimard, 1980


Sur Zoran Music Source : http://www.etab.ac-caen.fr/discip/action_culturelle_academique/lepeintreprendlaplumemusic.htm

« Je dessine comme en transes, m'accrochant morbidement à mes bouts de papier. J'étais comme aveuglé par la grandeur hallucinante de ces champs de cadavres. De loin, ils m'apparaissaient comme des plaques de neige blanche, des reflets d'argent sur les montagnes, ou encore pareils à tout vol de mouettes blanches posées sur la lagune, face au fond noir de la tempête au large. » Zoran MUSIC

Bibliographie
Zoran Music, catalogue raisonné de l’œuvre graphique 1947 musée de Brunswick, 1962 ; J. Grenier, Zoran Music, Le Musée de Poche, Paris, 1970 ; Zoran Music, MAM de la Ville de Paris, 1972 ; J. Clair, Zoran Music, l’œuvre graphique, MNAM, Paris, 1988 ; Zoran. Music (catalogue), Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 1995. Zoran Music. Nous ne sommes pas les derniers. Catalogue de l’exposition « le temps des ténèbres » Musée des Beaux Arts de Caen, 1995.