Extrait de l'Avant-Propos du premier numéro ("L'oeuvre du Féminin dans l'écriture de Maurice Blanchot")

AVANT-PROPOS

"Grâce soit rendue à Jacques Derrida et Jean-Luc Nancy"

Créer une collection uniquement consacrée à l’œuvre de Maurice Blanchot, est sans doute une gageure, voire, un pari un peu fou. Cette entreprise est née du hasard des rencontres mais aussi d’une amitié tissée autour d’une œuvre. La richesse, la complexité, les traces que cette œuvre laissent dans la littérature et dans la philosophie contemporaine méritent notre attention, notre attachement et un « entretien », sans doute « infini ».

Ces échanges sont nés via une liste de diffusion et via le « site Maurice Blanchot ». Quand j’ai annoncé le premier colloque en ligne sur l’œuvre de Blanchot, j’avais le secret espoir de le publier, tout en connaissant parfaitement les obstacles qui m’attendaient, mais j’ignorais que ce premier échange sur le site allait donner lieu, quelques mois plus tard, grâce au souhait de Chantal Vieuille, une véritable collection.

« Compagnie de Maurice Blanchot » dont le titre est un hommage à Jean-Luc Nancy , est un lieu ouvert à toutes les publications qui de près ou de loin, s’attachent aux récits et à la pensée de Maurice Blanchot. Notre souhait est d’élargir le plus largement possible le champ des productions, il s’agit, en particulier d’accueillir des travaux de champs différents (poétique, narratologique, linguistique, philosophique, psychanalytique...) mais aussi de cultures différentes. L’espace internet permet, des échanges sans frontières, rapides et simples ; aussi la collection entend-elle accueillir autant les propositions francophones qu’étrangères. Concluant l’avant-propos du numéro de la Revue des Sciences Humaines sur Blanchot, Roger Laporte écrivait : « Se consacrer à l’œuvre de Blanchot n’est pas une sinécure : on peut toujours craindre qu’après cinquante ans de travail on ne soit pas plus avancé qu’au premier jour, du moins si l’on mesure un éventuel progrès à l’aune de la clarté ». Accepter d’ouvrir un « chantier » de longue haleine sur Blanchot – pour envisager une œuvre qui ne cesse de nous questionner sur son existence même –, serait sans doute se donner une chance comme l’écrivait Blanchot à propos de la lecture, « où c’est l’obscur qui doit se faire jour, où il doit y avoir jour de par l’obscur, révélation où rien n’apparaît, mais où la dissimulation se fait apparence. ». Homme de revues, Blanchot mérite que l’une d’elle s’attache à son œuvre. (...)

La création de cette collection n’aurait eu pu avoir lieu sans la présence ou la tutelle lointaine de certains. Je tiens à remercier en premier lieu Chantal Vieuille, pour son accueil, son écoute et sa confiance. Je souhaite également témoigner de ma gratitude à tous les auteurs de ce premier numéro pour leur confiance et leur disponibilité, notamment Michael Holland, Juan Gregorio Aviles, Thierry Laus et Arthur Cools pour leur aide et leurs encouragements. Bien évidemment, je pense aussi à Parham Shahrjerdi (traducteur de Blanchot en persan), sans qui le site Maurice Blanchot n’aurait pu voir le jour. Enfin, souterrainement il me faut aussi dire ma dette envers d’autres lecteurs de Blanchot avec lesquels j’ai pu parfois poursuivre de longs échanges : Jacques Derrida, Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe, Pierre Madaule, Christophe Bident, Leslie Hill et Dominique Rabaté.

Eric Hoppenot Directeur de la collection Compagnie de Maurice Blanchot