"Un siècle avec Lévinas" : "Lévinas – Blanchot, penser la différence" (13-16 novembre 2006, Paris)
Par Eric Hoppenot, samedi 2 avril 2005 à 22:51 :: Colloques :: #28 :: rss
Il y a de bonnes raisons pour associer au nom d’Emmanuel Lévinas celui de Maurice Blanchot (les années 2006 et 2007 marqueront respectivement le centenaire de Lévinas et celui de Blanchot). L’amitié indéfectible qui s’est nouée entre les deux auteurs et dont on peut rappeler quelques signes : leurs années d’études à Strasbourg, l’aide de Blanchot à la famille de Lévinas sous l’Occupation, son témoignage en faveur du judaïsme, leur effort commun pour penser et dire l'indicible de la Shoah, nombreux furent les accords, les partages.
Un siècle avec Lévinas :
Lévinas – Blanchot, penser la différence
Colloque International / 13-16 Novembre 2006, Paris
Comité organisateur
Eric Hoppenot : Eric.Hoppenot@paris.iufm.fr
Arthur Cools : Arthur.Cools@ua.ac.be
Jean-François Patricola : Jean-Francois.Patricola@wanadoo.fr
David Uhrig : David.gil@wanadoo.fr
Argumentaire
Il y a de bonnes raisons pour associer au nom d’Emmanuel Lévinas celui de Maurice Blanchot (les années 2006 et 2007 marqueront respectivement le centenaire de Lévinas et celui de Blanchot). L’amitié indéfectible qui s’est nouée entre les deux auteurs et dont on peut rappeler quelques signes : leurs années d’études à Strasbourg, l’aide de Blanchot à la famille de Lévinas sous l’Occupation, son témoignage en faveur du judaïsme, leur effort commun pour penser et dire l'indicible de la Shoah, nombreux furent les accords, les partages. Blanchot commentait ainsi le sens et le mystère de leur rencontre : « Quelque chose de profond nous portait l'un vers l'autre. » Une amitié paradoxalement sans rencontre (ou si peu finalement) qui a traversé le XXè siècle et a duré toute leur vie. Cette amitié, figure comme une interlocution silencieuse à travers leurs écrits : à de multiples reprises, ils se réfèrent l’un à l’autre, se commentent, se rendent hommage et se sont mêmes consacré plusieurs textes. Aussi l’écriture de Blanchot et celle de Lévinas se sont développées et se sont approfondies dans une certaine proximité. De la découverte de l’il y a, aux échanges lointains sur le statut de l’œuvre d’art, en passant par le dialogue sur l’éthique, le judaïsme et la Bible citée par Blanchot dans ses écrits les plus tardifs. C’est par le rejet du primat de l’ontologie que les deux auteurs se rapprochent. C’est sans doute pour cette raison que les noms de Lévinas et de Blanchot sont devenus des références dans le discours d’une certaine postmodernité. Association qui a pu engendrer aussi un certain malentendu notamment autour de la notion de « ethics » dans le monde anglo-saxon, qui a conduit parfois à effacer les différences entre les deux penseurs. Et pourtant, ces rapports d’amitié et cette proximité n’empêchent pas que plusieurs auteurs ont signalé un profond écart entre les deux penseurs. Françoise Collin l’a constaté dès 1971 : « il s’agit toujours de deux registres d’écriture et de pensée qui supportent mal la comparaison ». Plus récemment, Jacques Derrida, qui « de son propre aveu a placé son œuvre sous le triple signe de Heidegger, de Blanchot et de Lévinas », reconnaît qu’il s’agit de « deux idiomes intraduisibles » : « Quoi que Lévinas et Blanchot aient dit ou laissé paraître de leur accord, de leur alliance, un abîme les sépare qui pourrait, si on voulait se livrer à cet exercice, donner lieu à d’irréconciliables différends, parfois à des oppositions frontales et explosives ». D’autres fractures peuvent apparaître mais qui jamais n’interrompirent la rencontre. Il semble bien que le rapport entre Blanchot et Lévinas ne se laisse pas simplement réduire à une alliance de partenaires qui réagissent contre le primat de l’ontologie dans la pensée occidentale et dont la référence au « neutre » cristallise la différence d’attitude critique face à l’ontologie heideggerienne. Néanmoins comment articuler les différences qui séparent les deux amis et comment penser leur amitié (et la communauté qui lui est inhérente) à partir de ces différences ? C’est, entre autres, à ces deux questions que le colloque voudra se consacrer. Au cœur de ce questionnement, il y a tout d’abord une entente hétérogène du langage. Pour Lévinas, le langage se définit de façon essentielle comme discours – comme parole adressée à autrui. Pour Blanchot, en revanche, l’essence du langage ne peut être approchée que dans l’écriture. A cet écart, une appréhension différente de la subjectivité est liée : pour Blanchot, l’approche du langage invite à une expérience qui dépasse l’instance de l’énonciation, Lévinas, au contraire, décrit l’événement du langage comme une promotion de la subjectivité ayant à répondre « je », « me voici », c’est-à-dire, à témoigner. Pour expliciter cette différence, ce sont les notions-clés d’événement, d’image, d’entente, de moi, d’existence, d’autrui, d’éthique, de Dieu qu’il faut articuler différemment. Et pourtant, malgré ces différences, les auteurs ont engagé un entretien où se réfléchit le rapport de la parole à l’écriture et où est en cause la question même de la subjectivité. Dans cette optique, l’examen de cet entretien invite à penser la condition de possibilité (dans le double sens kantien de « transcendantal » et « critique ») de la communauté et de l’amitié.
En association avec l'Association pour la Célébration du Centenaire d'Emmanuel Levinas (ACCEL, Paris), Levinas Ethical Legacy Foundation (LELF, USA) et RCJ (Paris).
Commentaires
1. Le mardi 31 mai 2005 à 19:37, par Antonio Gallardo Cervantes
2. Le mercredi 10 août 2005 à 18:59, par Alain Henri R. Gangneux Bourgoin
3. Le lundi 5 septembre 2005 à 20:28, par Josette
4. Le vendredi 28 octobre 2005 à 23:17, par Menezes
5. Le mercredi 11 janvier 2006 à 10:50, par Dolores
6. Le lundi 16 janvier 2006 à 11:47, par gambs
7. Le mercredi 25 janvier 2006 à 20:31, par Anne-Marie Hubat-Blanc
8. Le dimanche 26 février 2006 à 22:30, par Eric Hoppenot
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